La prévention de l’itinérance chez les jeunes à Dublin et Belfast
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J’ai récemment contribué à l’organisation d’un voyage d’étude à Dublin et à Belfast, en partenariat avec Vers un chez-soi Canada. Ce voyage était axé sur la prévention de l’itinérance chez les jeunes et vous pouvez trouver mes notes de synthèse ici.
Voici 10 points à retenir :
1. Ce n’est pas par hasard si nous avons choisi l’Irlande et l’Irlande du Nord. À l’heure actuelle, il n’y a pas de stratégie nationale de lutte contre l’itinérance chez les jeunes au Canada, et chacun des pays que nous avons visités en possède déjà une.
2. Le voyage d’étude a rassemblé un groupe de participants exceptionnellement varié. Notre groupe comprenait des praticiens, des bailleurs de fonds et des chercheurs provenant du Canada et des États-Unis, ce qui a permis de tisser d’importants liens professionnels.
3. L’Irlande a en place un service de médiation familiale pour les jeunes (Youth Family Mediation, YFM) qui est géré par un organisme sans but lucratif appelé Focus Ireland. YFM a vu le jour en 2016 après avoir été inspiré par le Geelong Project (Australie) et Upstream Cymru (Pays de Galles). Une évaluation récente a révélé que le YFM favorise la communication entre les jeunes et leur famille, tout en empêchant certains jeunes de quitter la maison et l’école prématurément.
4. Basé à Dublin, Focus Ireland est un organisme sans but lucratif qui fait appel au soutien de la famille et au réseau de soutiens naturels. Cela peut comprendre aider la jeune personne à contacter un ami ou un membre de la famille avec lequel le jeune avait une relation étroite et saine antérieurement. Le personnel de Focus Ireland peut leur venir en aide, entre autres en les rassurant sur le fait que c’est tout à fait normal d’en faire ainsi. Tous les résidents de Greenhill (un site de Focus Ireland que nous avons visité durant le voyage d’étude) comptent aujourd’hui au moins 2 ou 3 personnes sur leur liste de soutiens naturels (souvent, il s’agit d’un frère ou d’une sœur avec lequel ou laquelle ils avaient perdu le contact).
5. En Irlande du Nord, le Northern Ireland Housing Executive mène la planification de la lutte contre l’itinérance. Il s’agit d’un organisme public indépendant établi par la législation fédérale. Le Housing Executive est composé d’un conseil d’administration de dix membres et est appuyé par un effectif. Bien que ce conseil ait la responsabilité légale d’intervenir, il s’appuie sur des partenaires tels que Simon Community Northern Ireland pour mener à bien sa mission. Le Housing Executive est également propriétaire et gère la liste d’attente pour les logements sociaux en Irlande du Nord.
6. Simon Community Northern Ireland est la plus grande œuvre caritative en Irlande du Nord axée sur l’itinérance. Leurs services comprennent les refuges d’urgence, de l’aide financière directe aux ménages et le logement (y compris Logement d’abord).
7. Simon Community Northern Ireland gère également Logement d’abord pour les jeunes (HF4Y). Ce programme offre des logements dispersés à 20 jeunes âgés entre 16 et 21 ans qui sont soutenus par le personnel 24 heures sur 24 (même s’ils ne sont pas physiquement en présence des jeunes à tout moment). Dans le cadre de cette initiative HF4Y, les jeunes âgés de moins de 18 ans ont au moins quatre interactions par jour avec les membres du personnel.
8. Malheureusement, les réponses politiques dans les deux pays ne sont pas à la hauteur de l’ampleur du problème. En Irlande, le nombre de jeunes personnes en situation d’itinérance (âgées entre 18 et 24 ans) a augmenté depuis la pandémie. D’un bout à l’autre de l’Irlande, 8 000 jeunes personnes sont actuellement en situation d’itinérance.
9. Les migrants en situation d’itinérance représentent un groupe très mal desservi. Les nouveaux arrivants à Dublin (dont certains demandent le statut de réfugié) ont eu un énorme impact sur le profil local des personnes en situation d’itinérance, ce qui a contribué à la xénophobie et a alimenté le soutien à l’extrême droite. Par ailleurs, l’arriéré accumulé dans le système irlandais d’examen des demandes d’asile aggrave encore plus le problème d’aujourd’hui. Il est également fréquent que les jeunes migrants arrivent en Irlande sans parents; et lorsqu’un refugié légal fait venir sa famille, cette dernière se retrouve souvent à la rue à son arrivée en Irlande.
10. L’expérience vécue a fait partie intégrante de notre voyage d’étude. Notre visite à pied de Dublin a été animée par deux personnes possédant de l’expérience vécue d’itinérance. Également à Dublin, nous avons appris que les bailleurs de fonds sont visiblement affectés lorsqu’ils se retrouvent face à face avec des personnes qui ont connu l’itinérance. Selon les propos d’une jeune personne que nous avons rencontrée : « Vous devez l’avoir vécu si vous voulez identifier les ” petites lacunes ”. Ces ” petites lacunes ” peuvent changer la vie des personnes qui ont connu l’itinérance. »
En résumé. Vers un chez-soi Canada s’est associée à Nick Falvo Consulting pour organiser un voyage d’étude de cinq jours axé sur la prévention de l’itinérance chez les jeunes. Le groupe de 30 participants a visité des sites, a écouté des conférenciers invités et a fait du réseautage professionnel.
Je tiens à remercier Katie Davies Jorgensen, Jenny Morrow, Annick Torfs et Heidi Walter pour leur aide dans la préparation de ce billet de blogue.
