Demand-side housing assistance for low-income households in Québec

Demand-side housing assistance for low-income households in Québec

Demand-side housing assistance for low-income households in Québec

La version française de ce billet se trouve ici.

Eric Latimer and I recently wrote a report for the Province of Québec about demand-side housing assistance for low-income households (the full report, available in French only, is available here). The report was born out of a partnership with the Québec Homelessness Prevention Policy Collaborative.

Here are 10 things to know:

1. Most Canadian experts agree that financial assistance is needed in order for low-income households to truly afford housing. It’s typically understood that households should not spend more than 30% of their income on housing; however, the method by which affordability is created varies (and has been the subject of debate over the years).

2. Our report explains the difference between supply-side and demand-side approaches. When government subsidy brings about housing whose units are available at very low rent levels, experts typically call that supply-side assistance. By contrast, when government subsidy helps a tenant to afford market rent, experts typically call that demand-side assistance.

3. This report focuses on demand-side assistance available in Québec. Specifically, it focuses on both Québec’s Rent Supplement Program (known in French as the Programme de supplément au loyer Québec) and to a lesser extent the province’s Shelter Allowance Program (known in French as programme Allocation-logement). The former is more generous than the latter.

4. We find that Québec’s demand-side approaches have several strengths. They offer tenant choice in terms of unit and neighbourhood, and they do not appear to disincentivize work. Demand-side benefits in Québec also appear to last an appropriate amount of time.

5. We also uncover various shortcomings of Québec’s demand-side schemes. These include: insufficient levels of support (both in terms of the number of people assisted and the generosity of the support for those who do qualify); insufficient wraparound support (i.e., social work support) for vulnerable tenants; an overly-punitive approach to dealing with problematic tenancies; overly burdensome documentation requirements; and lack of awareness of the Shelter Allowance Program among eligible recipients.

6. We were pleased to see improvements made to Québec’s demand-side programs before we completed our report. For example, with the Rent Supplement Program, persons experiencing homelessness now have less stringent requirements with respect to paperwork. Also with persons experiencing homelessness, the Rent Supplement Program now has more financial assistance to compensate landlords in the case of damage to the unit.

7. Nevertheless, we recommend that Québec’s demand-side assistance be made more generous. For example, we encourage provincial officials to look at Manitoba’s Rent Assist Program for inspiration, where not only is support more generous, but where social assistance recipients are automatically enrolled in the program. Manitoba also has legislation mandating that benefit levels adjust annually to reflect rental inflation. We also note that Finland has a sophisticated mechanism for determining the amount of a household’s housing benefit. It achieves greater equity than the Québec or Manitoba programs.

8. We also recommend that the Rent Supplement Program be made more flexible in order to better serve various marginalized groups. Such groups include persons who have recently arrived in the province (including from other countries), persons fleeing intimate partner violence, and Indigenous peoples.

9. Other recommendations are aimed at various administrative improvements. This includes the need to speed up a person’s entry into a unit, reduce penalties to vulnerable households who have had problematic tenancies, improve the compensation process for landlords in the event of unit damages, and provide additional wrapround supports (i.e., social work support) to vulnerable tenants.

10. The report also argues that more community (i.e., social) housing should be created. In part, we note that this would take pressure off of demand-side approaches. It’s also important to underline that community housing in general keeps rent levels low over the the long term, as previously discussed here.

In sum. When it comes to the need for more affordable housing, both supply-side and demand-side approaches serve important functions. This particular report focuses on demand-side approaches, noting both the strengths and shortcomings of Québec’s existing programs, while also shining light on opportunities for improvement. The full report (available in French only) can be accessed here.

I wish to thank Eric Latimer, Jenny Morrow and Annick Torfs for assistance with this blog post. Any opinions or interpretations in this blog post are those of the author and do not necessarily reflect those of the Province of Québec.

 

Demand-side housing assistance for low-income households in Québec

Aide au logement axée sur la demande pour les ménages à faible revenu au Québec

Aide au logement axée sur la demande pour les ménages à faible revenu au Québec

An English version of this blog post is available here.

Eric Latimer et moi-même avons récemment rédigé un rapport pour la province du Québec au sujet de l’aide au logement axée sur la demande pour les ménages à faible revenu au Québec (vous pouvez consulter le rapport intégral, disponible en version française seulement, en cliquant sur le lien suivant). Le rapport est le résultat d’un partenariat avec le Collectif québécois pour la prévention de l’itinérance.

Voici 10 points à retenir :

1. La majorité des experts canadiens sont d’accord sur le fait qu’une aide financière est nécessaire afin que les ménages à faible revenu puissent réellement se permettre un logement. De façon générale, il est reconnu que les ménages ne devraient pas dépenser plus de 30 % de leur revenu dans le logement. Toutefois, la méthode utilisée pour créer l’abordabilité varie (et fait l’objet de débats depuis des années).

2. Notre rapport explique la différence entre les approches axées sur l’offre et les approches axées sur la demande. Lorsque les subventions gouvernementales entraînent la création de logements dont les unités sont disponibles à des loyers très bas, généralement, les experts qualifient cela d’une aide axée sur l’offre. Par contre, lorsque les subventions gouvernementales aident un locataire à payer un loyer au prix du marché, les experts parlent généralement d’une aide axée sur la demande.

3. Le présent rapport se concentre sur l’aide axée sur la demande offerte au Québec. Plus précisément, il se concentre sur le Programme de supplément au loyer Québec et, à un degré moindre, sur le programme Allocation-logement, le premier étant plus généreux que le dernier.

4. Nous avons constaté que les approches axées sur la demande du Québec sont dotées de plusieurs points forts. Elles permettent aux locataires de choisir leur logement et leur quartier et ne semblent pas décourager le travail. En outre, Au Québec, la durée des allocations basées sur la demande semble être adéquate.

5. Nous avons également observé plusieurs lacunes dans les programmes axés sur la demande du Québec. Ces lacunes comprennent : des niveaux insuffisants de soutien (à la fois en ce qui concerne le nombre de personnes aidées et la générosité du soutien apporté à ceux qui sont admissibles); une insuffisance de soutiens complets (p. ex., soutien d’un travailleur social) pour les locataires vulnérables; une approche trop punitive pour gérer les locataires problématiques; des exigences trop contraignantes en matière de documentation; et un manque de sensibilisation au programme Allocation-logement parmi les bénéficiaires admissibles.

6. Nous avons été ravis de constater que des améliorations avaient été apportées aux programmes axés sur la demande du Québec avant de finaliser notre rapport. Par exemple, grâce au Programme de supplément au loyer, les personnes en situation d’itinérance doivent faire face à moins d’exigences strictes quant à la présentation de documents. De plus, dans le cadre du même programme, les personnes en situation d’itinérance peuvent obtenir une aide financière plus importante pour indemniser les propriétaires lorsque des dommages ont été causés au logement.

7. Nous recommandons toutefois que l’aide axée sur la demande du Québec soit plus importante. Par exemple, nous encourageons les responsables provinciaux de s’inspirer du programme de supplément au loyer du Manitoba, où le soutien est non seulement plus généreux, mais aussi où les récipiendaires de l’aide sociale sont automatiquement inscrits au programme. Le Manitoba a également adopté une législation qui prévoit que les niveaux de prestations s’ajustent annuellement pour tenir compte de l’inflation des loyers. Nous avons également observé que la Finlande dispose d’un mécanisme sophistiqué pour déterminer le montant de l’aide au logement d’un ménage. Ce système assure une plus grande équité que les programmes du Québec et du Manitoba.

8. Nous recommandons également que le Programme de supplément au loyer soit rendu plus flexible afin de mieux servir une variété de groupes marginalisés. Ces groupes comprennent les personnes qui viennent d’arriver dans la province (y compris d’autres pays), les personnes qui fuient la violence d’un partenaire intime et les personnes autochtones.

9. D’autres recommandations ont pour but d’apporter quelques améliorations sur le plan administratif. Celles-ci comprennent la nécessité d’accélérer l’emménagement d’une personne dans un logement, de réduire les pénalités imposées aux ménages vulnérables qui ont connu des problèmes de location, d’améliorer le processus d’indemnisation des propriétaires en cas de dommages causés au logement, et de fournir un soutien supplémentaire aux locataires vulnérables (c.-à-d. le soutien d’un travailleur social).

10. Le rapport avance également qu’il est nécessaire de construire davantage de logements communautaires. En partie, nous constatons que cela réduirait la pression exercée sur les approches axées sur la demande. De plus, il est important de souligner que de manière générale, les logements communautaires maintiennent les loyers à un niveau bas à long terme, tel que nous l’avons déjà mentionné ici.

En résumé. Face au besoin d’augmenter le nombre de logements abordables, tant l’approche axée sur l’offre que celle axée sur la demande jouent un rôle important. Le présent rapport se concentre sur les approches axées sur la demande et met en lumière à la fois les points forts et les faiblesses des programmes en vigueur au Québec, tout en soulignant les possibilités d’amélioration. Le rapport intégral (disponible en version française seulement) peut être consulté ici.

Je tiens à remercier Eric Latimer, Jenny Morrow et Annick Torfs pour leur aide dans la préparation de ce billet de blogue. Toute opinion ou interprétation contenue dans ce billet de blogue est celle de l’auteur et ne reflète pas nécessairement celle de la province du Québec.

Economic and social factors associated with the use of homeless shelters

Economic and social factors associated with the use of homeless shelters

Economic and social factors associated with the use of homeless shelters

La version française de ce billet se trouve ici.

Researchers seeking to understand what causes homelessness often pay close attention structural causes—that is, factors that determine how much homelessness is to found in a specific geographical region at a particular time. To help shed light on the Canadian context, Ali Jadidzadeh and I recently undertook some statistical analysis on behalf of Infrastructure Canada (Canada’s lead federal government agency on homelessness).[1]

Here are 10 things to know:

1. We used shelter data prepared for us by Infrastructure Canada. Data, spanning January 2012-December 2019, encompasses three regions (Ontario, Atlantic provinces, and Western provinces). Infrastructure Canada was able to access this by virtue of data-sharing agreements it has in place across Canada.

2. Infrastructure Canada was intentional about wanting to make this research relevant to the broader research community. As we worked through the statistical analysis, they asked us to draft a stand-alone document that would provide an overview of where to find the kind of data we used for our analysis (particularly the data we didn’t get from them). That document can help other researchers wanting to do similar types of analysis in the future.

3. A literature review has also been made available through the project. It looks at what causes homelessness. This too can be a resource for other researchers (the literature review can be found here).

4. Consistent with the literature, we find that high rental housing costs are associated with more homelessness. Specifically, we find that a 1% rise in monthly real rent for affordable units (i.e., the first quartile of real rent) is associated with a 1.36% and 2.47% increase in total admissions to homeless shelters in both Ontario and the Western provinces, respectively.

5. Social assistance benefit levels (i.e., how much money recipients receive) matter for homelessness. For example, our study finds that a 1% increase in real social assistance benefit levels results in a roughly 2% decrease in single total admissions to homeless shelters in Ontario and the Atlantic provinces.

6. Lengthy spells of unemployment are associated with more shelter use. In Ontario, the duration of unemployment has a positive and significant effect on total admissions. When the duration of unemployment increases by 1% in Ontario, total admissions rise by 0.157% (with all other variables held constant).

7. Perhaps puzzling to some, a higher minimum wage is correlated with more shelter use. The real minimum wage exhibits a positive and statistically significant relationship in Ontario and the Atlantic provinces. When the real minimum wage increases by 1% in these regions, total shelter admissions increase by 0.449% and 2.102% in Ontario and the Atlantic provinces, respectively. It may be that minimum wage rates increase during times of strong economic growth, exactly the time when rent levels are higher (and during which time there are fewer available low-cost housing units).

8. Regional context clearly matters, but for a variety of reasons. In some cases, it may be a result of data aggregation. Data for our Western and Atlantic regions, for example, had to be aggregated. And while data only from single adult shelters are available for Ontario and the Atlantic provinces, the data for the Western provinces includes aggregates of both single adults and family shelters.

9. The analysis itself (i.e., the full report) provides disaggregations across household types. This includes breakdowns for single adults (aged 25 and older) without dependants, families and youth (aged 16-24).

10. Our analysis searched for association, not causation. Put differently, while factors found to be associated with higher use of shelters may have caused greater use of shelters, causation could have happened in the other direction as well (i.e., higher use of shelters may have been the cause of the association). Likewise, an external factor not captured in our model may have been the true cause of the phenomenon in question (recall point #7 above regarding the minimum wage).[2]

In sum. Infrastructure Canada’s collegial approach to data sharing allowed us to undertake this important exercise, which found the following factors can help us better understand what may drive increased use of homeless shelters in Canada: rental market factors; social assistance; duration of unemployment; and the minimum wage.

I wish to thank Ali Jadidzadeh, Sylvia Regnier and Annick Torfs for assistance with this blog post. Any opinions or interpretations in this blog post are those of the author and do not necessarily reflect those of Housing, Infrastructure, and Communities Canada.

[1] On 20 June 2024, Infrastructure Canada was renamed Housing, Infrastructure and Communities Canada.

[2] Careful researchers typically exercise caution when using the term causation. In fact, there are long-standing tensions among academic disciplines as to what methodological approaches are required to establish it.

Economic and social factors associated with the use of homeless shelters

Facteurs économiques et sociaux associés à l’utilisation des refuges d’urgence

Facteurs économiques et sociaux associés à l’utilisation des refuges d’urgence

  An English version of this blog post is available here.

Les chercheurs qui tiennent à comprendre les causes de l’itinérance s’intéressent souvent de près aux causes structurelles, c’est-à-dire aux facteurs qui déterminent l’ampleur de l’itinérance dans une région géographique spécifique à un moment donné. Afin de mieux comprendre le contexte canadien, Ali Jadidzadeh et moi-même avons récemment entrepris une analyse statistique (en anglais seulement) au nom d’Infrastructure Canada (l’agence fédérale canadienne chargée de la lutte contre l’itinérance).[1]

Voici 10 points à retenir :

1. Nous avons utilisé les données sur les refuges d’urgence que nous a préparées Infrastructure Canada. Les données, qui couvrent la période de janvier 2012 à décembre 2019, couvrent trois régions, soit l’Ontario, les provinces de l’Atlantique et les provinces de l’Ouest. Infrastructure Canada a pu accéder à ces données grâce aux accords de partage de données qu’elle a mis en place partout au Canada.

2. Infrastructure Canada a veillé à ce que cette recherche soit pertinente pour l’ensemble de la communauté de recherche. Lorsque nous travaillions sur l’analyse statistique, Infrastructure Canada nous a demandé de rédiger un document autonome (en anglais seulement) qui pourrait procurer un aperçu sur la façon de trouver le type de données que nous avions utilisées au cours de notre analyse (notamment les données que nous n’avions pas obtenues d’elle.) Ce document pourrait aider les autres chercheurs qui désirent mener des analyses du même type dans le futur.

3. Une analyse documentaire a également été mise à disposition par l’entremise du projet. Cette analyse examine les causes de l’itinérance et pourrait également servir de ressource pour les autres chercheurs (l’analyse documentaire est disponible ici en anglais seulement).

4. Conformément à la littérature, nous avons constaté que les coûts élevés des logements locatifs sont liés à une augmentation de l’itinérance. Plus précisément, nous avons trouvé qu’une augmentation de 1 % du loyer réel des logements abordables (c.-à-d. le premier quartile du loyer réel) est associée à une augmentation de 1,36 % et de 2,47 % du nombre total d’admissions dans les refuges d’urgence en Ontario et dans les provinces de l’Ouest, respectivement.

5. Les niveaux des prestations d’aide sociale (c.-à-d. le montant d’argent que reçoivent les bénéficiaires) sont importants dans le cadre de l’itinérance. Par exemple, notre étude a montré qu’une hausse de 1 % des niveaux réels des prestations d’aide sociale engendre une baisse d’environ 2 % du nombre total des admissions dans les refuges d’urgence pour sans-abri en Ontario et dans les provinces de l’Atlantique.

6. De longues périodes de chômage sont liées à une augmentation de l’utilisation des refuges d’urgence. En Ontario, la longueur de la période de chômage a une incidence positive et importante sur le nombre total des admissions. Lorsque la durée du chômage augmente de 1 % en Ontario, le nombre total des admissions augmente de 0,157 % (toutes les autres variantes restant constantes).

7. Cela peut sembler surprenant pour certains, mais un salaire minimum plus élevé est lié à une plus grande utilisation des refuges d’urgence. Le salaire minimum réel présente une relation positive et statistiquement significative en Ontario et dans les provinces de l’Atlantique. Lorsque le salaire minimum augmente de 1 % dans ces régions, le total des admissions dans les refuges d’urgence augmente de 0,449 % et de 2,102 % en Ontario et dans les provinces de l’Atlantique, respectivement. Il est possible que les taux de salaire minimum augmentent au cours des périodes de forte croissance économique, exactement au moment où les taux locatifs sont plus élevés (et lorsqu’il y a moins de disponibilité de logements à loyer modéré).

8. Il est clair que le contexte régional est important et ce, pour une variété de raisons. Dans certains cas, cela peut être le résultat de l’agrégation des données. Par exemple, les données des régions de l’Ouest et de l’Atlantique ont dû être agrégées. Bien que les données sur les refuges pour adultes seuls sont disponibles pour l’Ontario et les provinces de l’Atlantique, les données pour les provinces de l’Ouest comprennent des agrégats tant pour les adultes seuls que les familles.

9. L’analyse même (c.-à-d. le rapport intégral) fournit des désagrégations selon les types de ménages. Cela comprend des ventilations pour les adultes seuls sans personnes à charge (âgés de 25 ans et au-delà), les familles et les jeunes (âgés entre 16 et 24 ans).

10. Notre analyse a recherché l’association et non le lien de causalité. En d’autres termes, bien que les facteurs associés à une plus grande utilisation des refuges d’urgence peuvent avoir causé une plus grande utilisation des refuges, le lien de causalité aurait aussi pu se produire dans l’autre sens (c.-à-d. une utilisation plus élevée des refuges aurait pu être la cause de l’association). Parallèlement, un facteur externe qui n’a pas été pris en compte dans notre modèle peut avoir été la cause réelle du phénomène en question (rappelons le paragraphe 7 ci-dessus ayant trait au salaire minimum).[2]

En résumé. L’approche collégiale d’Infrastructure Canada en ce qui a trait au partage des données nous a permis d’entreprendre cette analyse importante, cette dernière ayant déterminé que les facteurs suivants peuvent nous aider à mieux comprendre ce qui peut influencer une plus grande utilisation des refuges d’urgence au Canada : facteurs liés au marché locatif; assistance sociale; longueur de la période de chômage; et salaire minimum.

Je tiens à remercier Ali Jadidzadeh, Sylvia Regnier et Annick Torfs pour leur aide dans la préparation de ce billet de blogue.

[1] Le 10 juin 2024, Infrastructure Canada  a été rebaptisée Logement, Infrastructures et Collectivités Canada. 

[2] De manière générale, les chercheurs qui se montrent attentifs doivent faire preuve de prudence lorsqu’ils utilisent le terme « causalité ». Dailleurs, il existe des tensions de longue date dans le domaine des disciplines académiques concernant le choix des approches méthodologiques nécessaires pour l’établir.

Report finds insufficient daytime options for people experiencing homelessness

Report finds insufficient daytime options for people experiencing homelessness

Report finds insufficient daytime options for people experiencing homelessness

La version française de ce billet se trouve ici.

I’m the lead author of a recent report, commissioned by Vibrant Communities Calgary, looking at factors associated with social disorder on public transit (including social disorder involving people experiencing homelessness). My co-authors were Lee Stevens and Tessa Penich.

Here are 10 things to know:

1. Unintentional drug poisonings are on the rise in Calgary—and they are increasingly happening in public spaces, including on public transit. In fact, the rate of drug poisoning deaths per 100,000 people in Calgary has more than doubled since 2019. Perhaps not surprisingly, calls to EMS have increased very substantially during the same time frame.

2. Encampment sleeping—i.e., rough sleeping in groups—is also on the rise in Calgary. Reports of encampments via the City of Calgary’s 311 system increased fivefold between 2018 and 2023. Key factors driving this likely include Calgary’s low rental vacancy rate (1.4% as of October 2023), inadequate shelter conditions and a lack of harm reduction options.

3. In Calgary, there are limited day-time options available to people experiencing homelessness. As part of the study, I led focus groups with people experiencing homelessness. They noted that protection from bad weather was one frequent reason for accessing public transit. Some “ride the rails” on the CTrain in order to pass the time until they are allowed evening entry into their shelter of choice.

4. Calgary also has insufficient treatment and harm reduction services. And while some supervised consumption services are offered, none support inhalation, which is becoming more common.

5. People who used illicit substances often feel safer doing so on public transit than elsewhere. That’s in large part because of the many CCTV cameras available on public transit, as well as the many eyes and ears available (i.e., persons who can call for assistance in the event of a possible drug poisoning). Put differently, if a person overdoses on transit, they feel they have a better chance of survival than if they overdose elsewhere.

6. There are inadequate health care options for persons experiencing homelessness—especially if the patient has both mental health and substance use challenges. According to one service provider interviewed for the report, hospital staff will refuse to see patients who are intoxicated. Another service provider stated: “The frustrating part is we take him to the hospital to be seen by a doctor. Well the doctor looks at [the physical ailment], it’s brought on by drugs. Sorry, kicks him out, can’t really help them.”

7. There are insufficient medical respite options for vulnerable persons upon discharge from hospital. Service providers interviewed for the report provided several examples of hospitals discharging their clients quickly and not offering to provide post-discharge care.It would therefore appear that Calgary needs more medical respite initiatives, which are intended for persons experiencing homelessness who are well enough to be discharged from hospital, but not quite well enough to return to a homeless shelter. Staffed by health care providers, including physicians and nurses, their services can include case management, as well as assistance with housing searches and income assistance applications.

8. There is suboptimal coordination among organizations providing street outreach. Law enforcement officialsinterviewed for this report expressed concern about what they viewed as insufficient coordination among outreach teams. Many officers believe that outreach hours should be extended, while noting that most of these teams do not operate 24/7.

9. The report recommends greater investments in emergency services for people experiencing homelessness. This could come in the form of new facilities, the creation of more space at existing facilities, making more facilities accessible 24/7 rather than only at night, and the creation of more daytime programming. Such daytime options could include assistance with housing searches, employment and income assistance applications.

10. It makes several other recommendations. These pertain to the need for: more treatment and harm reduction options (including the creation of one or more supervised consumption facilities that allow inhalation); more medical respite options; improved coordination of street outreach; and more affordable housing.

In sum. This is a summary of a recent report commissioned by Vibrant Communities Calgary. The full report can be downloaded here.

I wish to thank Jenny Morrow and Annick Torfs for assistance with this blog post.

 

Report finds insufficient daytime options for people experiencing homelessness

Un rapport constate qu’il n’y a pas assez d’options durant le jour

Un rapport constate qu’il n’y a pas assez d’options durant le jour

An English version of this blog post is available here.

Je suis l’auteur principal d’un rapport publié récemment (en anglais seulement) et commandé par Vibrant Communities Calgary, examinant les facteurs qui sont associés au trouble social dans les transports en commun (y compris le trouble social impliquant les personnes en situation d’itinérance). Mes co-auteurs sont Lee Stevens et Tessa Penich.

Voici 10 choses à retenir :

1. Les empoisonnements aux drogues involontaires sont à la hausse à Calgary, et de plus en plus, ils ont lieu dans des endroits publics, y compris dans les transports en commun. D’ailleurs, le taux de décès par empoisonnements aux drogues sur 100 000 personnes à Calgary a plus que doublé depuis 2019. Ce qui n’est peut-être pas surprenant est le fait que les appels aux services médicaux d’urgence ont considérablement augmenté durant la même période.

 2. Le nombre de gens qui dorment dans des campements, c’est-à-dire qui dorment à la dure en groupe, est également à la hausse à Calgary. Les signalements de campements effectués par l’entremise du système 311 de la ville de Calgary ont quintuplé entre 2018 et 2023.  Les facteurs principaux à l’origine de ce phénomène comprennent sans doute le faible taux d’inoccupation des logements locatifs à Calgary (1,4 % depuis octobre 2023), des conditions inadéquates dans les refuges d’urgence et un manque d’options en matière de réduction des méfaits.

3. À Calgary, il y a peu d’options disponibles durant la journée pour les personnes en situation d’itinérance. Dans le cadre de cette étude, j’ai mené des groupes de discussion avec des personnes itinérantes. Ces dernières ont indiqué qu’une des raisons les plus fréquentes pour lesquelles elles utilisaient les transports en commun était pour se protéger contre le mauvais temps1. Certaines utilisent le CTrain pour passer le temps durant la journée jusqu’à ce qu’elles puissent accéder au refuge de leur choix le soir venu.

4. En outre, Calgary n’offre pas assez de services de traitement et de réduction des méfaits. Bien que des services de consommation supervisée soient offerts, aucun d’entre eux ne prévoit des services d’inhalation, laquelle est de plus en plus courante.

5. Souvent, les personnes qui utilisent des substances illicites se sentent plus en sécurité dans les transports en commun plutôt qu’ailleurs. Ceci est dû en grande partie aux nombreuses caméras de vidéosurveillance installées dans les transports en commun, ainsi qu’aux nombreuses personnes qui peuvent les voir et les entendre (c.-à-d. des personnes qui peuvent appeler les secours en cas d’un éventuel empoisonnement aux drogues). Autrement dit, si un individu fait une overdose dans les transports en commun, ce dernier estimera qu’il aura une meilleure chance de survie que s’il fait une overdose dans un autre endroit.

6. Les options de soins de santé pour les personnes en situation d’itinérance ne sont pas adéquates, et en particulier si les patients doivent à la fois faire face à des difficultés en matière de santé mentale et de toxicomanie. Selon un prestataire de services interrogé dans le cadre du rapport, le personnel hospitalier refusera de voir les patients qui sont en état d’intoxication. Un autre prestataire de service a affirmé : « Ce qui est frustrant, c’est qu’on les amène à l’hôpital pour qu’ils se fassent examiner par un docteur. Mais quand le docteur voit que le problème est causé par des drogues, désolé, ils les renvoient, il ne peut pas les aider. »

7. Il n’y a pas assez d’options de soins de répit médicaux pour les personnes vulnérables à la sortie des hôpitaux. Les prestataires de services interrogés dans le cadre du rapport ont fourni quelques exemples d’hôpitaux qui donnent un congé rapide à leurs clients et n’offrent pas de soins après la sortie. Il apparaît donc que Calgary ait besoin de mettre en place davantage d’initiatives de répit médical prévues pour les personnes en situation d’itinérance qui sont assez bien pour quitter l’hôpital, mais qui ne sont pas assez bien pour retourner dans un refuge d’urgence. Ces services, offerts par des prestataires de soins de santé, dont des médecins et des infirmières/infirmiers, peuvent inclure la gestion de cas, ainsi que de l’aide pour trouver un logement et pour faire des demandes d’aide au revenu.

8. La coordination entre les organismes qui procurent des services d’approche n’est pas toujours optimale. Les représentants des services de police interrogés dans le cadre du rapport ont fait part de leurs inquiétudes concernant ce qu’ils considèrent être une coordination inadéquate entre les équipes d’approche. De nombreux agents de police sont d’avis que les services d’approche devraient être prolongés, tout en précisant que la plupart de ces équipes ne sont pas opérationnelles 24 heures sur 24, 7 jour sur 7.

9. Le rapport recommande un plus grand investissement dans les services d’urgence pour les personnes en situation d’itinérance. Ces investissements pourraient se traduire par la création de nouveaux sites et davantage de places dans les sites actuels; par une plus grande accessibilité 24 heures sur 24, 7 jours sur 7 à ces sites plutôt que le soir seulement; et par la mise en place de plus de programmes de jour. Des options de jour pourraient comprendre un soutien pour trouver un logement et un emploi, et pour faire des demandes d’aide au revenu.

10. Le rapport fait plusieurs autres recommandations. Ces recommandations portent sur le besoin de : plus d’options de traitement et de réduction des méfaits (y compris la création d’un ou plusieurs sites de consommation supervisée qui permettent l’inhalation); davantage d’options de soins de répit médicaux; une meilleure coordination des services d’approche dans la rue; et davantage de logements abordables.

En résumé. Ce blogue est le résumé d’un rapport publié récemment et commandé par Vibrant Communities Calgary. Le rapport dans son intégralité peut être téléchargé ici (en anglais seulement).

Je tiens à remercier Jenny Morrow et Annick Torfs pour l’aide qu’elles m’ont apportée dans la préparation de ce blogue.