Theory and homelessness

Theory and homelessness

Theory and homelessness

La version française de ce billet se trouve ici.

I’m writing an open access e-book on homelessness and have just released Chapter 2 titled “Theory and homelessness.” The PDF version of the full chapter is available here.

Ten things to know:

1. When researchers develop logical explanations of observed behaviour, we call it theory. That’s the focus of this chapter, which provides a formal definition of theory and then discusses how theory has evolved in the homelessness sector.

2. Theory helps us from being taken in by flukes. Theory helps us understand what leads to what—indeed, anyone wanting to change the way a pattern unfolds relating to some aspect of homelessness must appreciate theory.

3. Theory helps us focus. Our theoretical perspectives have a major impact on both what we focus on and what we overlook. As theory develops and as some perspectives become more popular than others, our thinking changes, as does the emphasis of researchers, funders, advocates, practitioners and policy-makers.

4. Researchers from different academic backgrounds (e.g., economics, social work, etc.) stress different theories when trying to explain homelessness. Their research will emphasize those factors that tend to mesh well with their own theoretical perspectives. This makes it essential for researchers from different academic backgrounds to collaborate with each other, across disciplines, to help prevent and overcome blind spots.

5. To illustrate the evolution of theory in the homelessness sector, this chapter provides an overview of key academic articles. Many studies—even academic ones—make no explicit reference to the word “theory.” Yet, almost all studies ultimately contribute to theory.

6. One study highlighted in this chapter is Kuhn and Culhane’s 1998 article about cluster analysis. It sheds light on the fact that a small proportion of persons in emergency shelters – i.e., the ‘chronic shelter stayers’ – account for a large majority of service use and costs. The article has therefore had the effect of encouraging policy-makers to focus on this group in order to reduce public costs.

7. Another article showcased in this chapter is Hwang’s 2000 article about high mortality rates among persons experiencing homelessness. It uses the term “mortality rate,” which measures the frequency of death in a population during a specific time frame. One of the study’s key findings is that mortality rates for Toronto men who use emergency shelters are much higher than for Toronto men who do not use emergency shelters. The study also identifies leading causes of death by age brackets.

8. A 2001 article by Quigley, Raphael and Smolensky is also highlighted in this chapter. An important takeaway from this study is that higher rent levels lead to more homelessness. Policy-makers wanting to reduce homelessness should therefore: a) strive to keep rent levels low; b) expect more homelessness when rent levels increase; and c) enhance homelessness prevention and response measures when rents are high.

9. The first academic article to use the term “Housing First” is also featured in this chapter. Authored by Tsemberis, Gulcur and Nakae, this 2004 article reports on results of the world’s first randomized control trial on Housing First. The randomized controlled study in question found very positive outcomes for Housing First participants compared with the ‘treatment first’ approach used elsewhere.

10. The chapter also shines the light on one of the first academic articles focused on trauma-informed care and homelessness. Written by Hopper, Bassuk and Olivet, this article defines trauma as “an experience that creates a sense of fear, helplessness, or horror, and overwhelms a person’s resources for coping.”

In sum. This is a summary of Chapter 2 of a sole-authored, open access interdisciplinary textbook intended to provide an introduction to homelessness for students, service providers, researchers, policy-makers and advocates. All material for this book is available free of charge here. Newly-completed chapters will be uploaded throughout the year.

I wish to thank Sylvia Regnier, Vincent St-Martin and Alex Tétreault for assistance with this blog post.

Theory and homelessness

Théorie et itinérance

Théorie et itinérance

An English-language version of this blog post is available here.

J’écris un livre numérique à libre accès portant sur l’itinérance et je viens de lancer le deuxième chapitre, intitulé « Théorie et itinérance ». La version PDF du chapitre intégral est disponible ici.

En voici 10 faits saillants :

1. Lorsque des chercheuses.eurs développent des explications logiques de comportements observés, on appelle cela une théorie. C’est sur cela que ce chapitre se penche, élaborant une définition formelle du concept et discutant de l’évolution de la théorie dans le secteur de l’itinérance.

2. La théorie aide à nous protéger du hasard. La théorie nous aide à comprendre comment une chose mène à une autre ; toute personne voulant changer l’expression d’un modèle qui se relie à un aspect de l’itinérance doit reconnaître l’importance de la théorie.

3. La théorie nous permet de nous concentrer. Nos perspectives théoriques ont un impact majeur sur ce que nous nous concentrons et sur ce que nous négligeons. À mesure qu’une théorie se développe et que certaines perspectives deviennent plus populaires que d’autres, notre pensée change, tout comme l’accent des chercheuses.eurs, des bailleurs de fonds, des défenseuses.eurs, des praticien.nes et des décideuses.eurs politiques.

4. Les chercheuses.eurs ayant de différents profils académiques (p. ex. science économique, service social, etc.) vont mettre l’accent sur différentes théories pour expliquer l’itinérance. Leurs recherches ont tendance à mettre l’accent sur les facteurs qui s’agencent davantage avec leurs propres perspectives théoriques. Il est donc essentiel que les chercheuses.eurs provenant de différents champs d’études collaborent d’une façon interdisciplinaire afin de minimiser et d’outrepasser les angles morts.

5. Afin d’illustrer l’évolution du cadre théorique employé dans le secteur de l’itinérance, ce chapitre offre un survol d’articles savants clés. Plusieurs études, même les études académiques, ne font aucune référence au mot « théorie ». Toutefois, presque toutes les études finissent ultimement par contribuer à la théorie.

6. Une étude explorée dans ce chapitre est l’article de 1998 de Kuhn et Culhane portant sur l’analyse typologique. Celui-ci nous éclaire au fait qu’une petite proportion de personnes dans les refuges d’urgence (p. ex. celles qui s’y retrouvent chroniquement) représentent la grande majorité des taux d’utilisation des services et des coûts associés. Cet article a donc eu l’effet d’encourager les décideuses.eurs politiques à se concentrer sur ce groupe afin de réduire les coûts publics.

7. Un autre article exploré est celui de Hwang (2000) portant sur le haut taux de mortalité parmi les personnes vivant en situation d’itinérance. Il emploie le terme « taux de mortalité » qui mesure la fréquence des décès dans une population donnée dans un cadre temporel donné. Une des conclusions clés de l’étude est que le taux de mortalité des hommes utilisant les refuges d’urgence de Toronto est beaucoup plus élevé que celui des hommes torontois n’utilisant pas ces refuges. L’étude a aussi identifié les premières causes de décès par tranche d’âge.

8. Un article de Quigley, Raphael et Smolensy datant de 2001 est également traité dans ce chapitre. Un constat important de cette étude est que des loyers élevés mènent à davantage d’itinérance. Les décideuses.eurs voulant réduire la fréquence de l’itinérance devraient donc : a) tenter d’assurer l’abordabilité des loyers ; b) s’attendre à des taux accrus d’itinérance lorsque les prix des loyers augmentent ; et c) renforcer les mesures de prévention et de modération de l’itinérance lorsque les loyers sont élevés.

9. Le premier article universitaire à utiliser le terme « logement d’abord » est également traité dans ce chapitre. Rédigé par Tsemberis, Gulcur et Nakae en 2004, cet article rapporte les résultats de la toute première étude aléatoire contrôlée sur le concept du logement d’abord. L’étude en question a produit des résultats très positifs pour les participant.e.s « logement d’abord » comparativement à l’approche « traitement d’abord » privilégiée ailleurs.

10. Ce chapitre jette également de la lumière sur un des premiers articles savants qui discute de traitements tenant compte des traumatismes subis et l’itinérance. Écrit par Hopper, Bassuk et Olivet, cet article définit un traumatisme comme étant une « expérience qui crée un sentiment de peur, d’impuissance ou de terreur et qui accable les ressources d’une personne à y faire face. »

En conclusion. Ceci est un sommaire du deuxième chapitre d’un manuel à auteur unique, interdisciplinaire et à libre accès ayant comme but d’offrir une introduction à l’itinérance pour des étudiant.e.s, des fournisseurs.euses de services, des chercheurs.ses et des intervenant.e.s. Toute la matière du manuel est disponible gratuitement ici. Les chapitres seront téléversés au courant de l’année à mesure que je les complète.

Je souhaite remercier Sylvia Regnier, Vincent St-Martin et Alex Tétreault pour leur appui avec ce billet.

Canada’s 2022 federal budget

Canada’s 2022 federal budget

Canada’s 2022 federal budget

La version française de ce billet se trouve ici.

On 7 April 2022, Canada’s Minister of Finance tabled Canada’s 2022 Federal Budget. It included important commitments for climate change, dental care, Indigenous peoples and Ukraine. Additionally, it included measures requiring financial institutions to assist with Canada’s post-COVID recovery effort. But it also had a very strong housing focus.

Here are 10 things to know.

1. The budget introduced a Multigenerational Home Renovation Tax Credit. This will provide up to $7,500 to support the construction of a secondary suite for a relative of the homeowner—typically a senior or an adult with a disability. Specifically, it will allow families “to claim 15 per cent of up to $50,000 in eligible renovation and construction costs incurred in order to construct a secondary suite.”

2. The budget introduced the Tax-Free First Home Savings Account. It will give first-time home buyers the ability to save up to $40,000. Like an RRSP, contributions will be tax-deductible, and withdrawals to purchase a first home will also be non-taxable. In the words of the budget document: “Tax-free in, tax-free out.”

3. The budget announced $1.5 billion over two years for the Rapid Housing Initiative. This initiative, introduced during the pandemic, provides support for up-front housing costs. It supports new modular housing, the acquisition of land, and the conversion of existing buildings into affordable housing. Its deep per-unit subsidy levels have allowed it to be effective at creating housing for persons experiencing chronic (i.e., long-term) homelessness.

4. The budget announced changes to both the National Housing Co-Investment Fund and the Rental Construction Financing Initiative (RCFI). It pledges to make the Co-Investment fund “more flexible and easier to access, including with more generous contributions and faster approvals.” The budget announced that the RCFI would now encourage the creation of more energy-efficient units, as well as units with lower rent levels than previously. 

5. Two ‘green buildings’ initiatives were announced. First, $150 million over five years, was announced for Natural Resources Canada “to develop the Canada Green Buildings Strategy. The strategy will incentivize building code reform to accelerate the adoption and implementation of performance-based national building codes and promote the use of lower carbon construction materials. Second, $200 million over five years was announced for Natural Resources Canada to create the Deep Retrofit Accelerator Initiative, which will support deep retrofits, including for housing that supports low-income households.

6. Rent-to-own initiatives were announced. The budget announced$200 million in dedicated support under the existing Affordable Housing Innovation Fund. This will include $100 million to support non-profits, co-ops, developers, and rent-to-own companies building new rent-to-own units….Examples of eligible projects…could include the repair and renewal of housing for rent- to-own purposes, innovative financing models, and programming that assists rent-to-own participants in preparing for homeownership.”

7. Housing-focused funding commitment were announced for Indigenous peoples. The budget announced “$4 billion over seven years, starting in 2022-23, to Indigenous Services Canada and Crown-Indigenous Relations and Northern Affairs Canada to accelerate work in closing Indigenous housing gaps…” This includes: $2.4 billion over five years to support First Nations housing on reserves; $565 million over five years to support housing in First Nations Self-Governing and Modern Treaty Holders communities; $845 million over seven years to support housing in Inuit communities; and $190 million over seven years for housing in Métis communities.

8. The budget announced the doubling of the Home Accessibility Tax Credit. It announced the doubling of “the qualifying expense limit of the Home Accessibility Tax Credit to $20,000 for the 2022 and subsequent tax years. This will mean a tax credit of up to $3,000—an increase from the previous tax credit of up to $1,500—for important accessibility renovations or alterations.” This supports the following types of renovations: the purchase and installation of wheelchair ramps, walk-in bathtubs, and wheel-in showers; the widening of doorways and hallways; the building of a bedroom or bathroom to permit first-floor occupancy; and the installation of non-slip flooring.

9. Annual federal funding for homelessness has roughly doubled since Trudeau became Prime Minister. The budget announces $562.2 million over two years, beginning in 2024-25, for Reaching Home (the Government of Canada’s main funding vehicle for homelessness). When Trudeau came to power in 2015, annual funding for this initiative was just $119 million. Reaching Home’s base funding for 2022-23 (not including COVID-related funding) is $241 million. That means that, in nominal terms, annual federal homelessness funding has more than doubled since Trudeau first took office—and that’s not counting important COVID-related funding for homelessness.

10. An assortment of other measures are worth noting. For example: $4 billion was re-announced for the Housing Accelerator Fund (which Steve Pomeroy has previously written about here); $500 million will be reallocated from the National Housing Co-Investment Fund “to launch a new Co-operative Housing Development Program aimed at expanding co-op housing in Canada;” $1 billion in loans have been reallocated from the RCFI to co-op housing; $150 million in new funding over two years will “support affordable housing and related infrastructure in the North;” there will be $500 one-time payments to low-income tenants, worth $475 million in 2022-23 (details to follow); the value of the First Time Home Buyers’ Tax Credit will double from $750 to $1,500;  new funding was announced for veterans’ homelessness ($62.2 million over three years, beginning in 2024-25) for a new Veteran Homelessness Program “that will provide services and rent supplements to veterans experiencing homelessness…;” and funding was announced for homelessness research ($18.1 million over three years for research on chronic  homelessness).

In sum. Two factors may have induced the Government of Canada to include so many housing-related measures in this year’s budget—namely, Canada’s hot housing market, and the Liberal  deal with the NDP. Nevertheless, the budget contains many initiatives that will improve housing affordability for some households.

I wish to thank George Fallis, Steve Pomeroy, Shayne Ramsay, Sylvia Regnier, Tim Richter, Vincent St-Martin, Alex Tétreault and one anonymous reviewer for assistance with this blog post.

Canada’s 2022 federal budget

Le budget fédéral canadien 2022

Le budget fédéral canadien 2022

An English-language version of this blog post is available here.

Le 7 avril 2022, la ministre des Finances du Canada a déposé le budget fédéral 2022. Ce dernier comptait des engagements importants en matière de changements climatiques, de soins dentaires, de Premières nations et de l’Ukraine, en plus de mesures obligeant les institutions financières d’appuyer l’effort de relance post-covidienne au Canada. De plus, il avait un grand accent sur le logement.

En voici 10 faits saillants.

1. Le budget a introduit un crédit d’impôt pour la rénovation d’habitations multigénérationnelles. Ce dernier permettra l’accès à un maximum de 7 500 $ pour appuyer la construction d’un logement secondaire pour un membre de la famille d’un.e propriétaire – habituellement une personne âgée ou un adulte en situation de handicap. Plus spécifiquement, le crédit permettra aux familles « de demander le remboursement de 15 % d’un montant maximal de 50 000 $ des coûts admissibles de rénovation et de construction d’un logement secondaire. »

2. Ce budget annonça la création de comptes d’épargne libre d’impôt pour l’achat d’une première propriété. Ces comptes donneront aux éventuel.les acheteur.euses d’un premier logement la possibilité d’épargner jusqu’à 40 000 $. Comme dans le cas d’un REER, les contributions seraient déductibles d’impôts et les retraits seraient non imposables. Il n’y aurait donc aucun impôt à payer sur les cotisations ni sur les retraits.

3. Le budget accorde 1,5 milliard de dollars à l’Initiative pour la création rapide de logements. Cette initiative, introduite durant la pandémie, aide à couvrir les coûts initiaux liés au logement. Elle appuie la création de nouveaux logements modulaires, l’acquisition de terrains et la transformation d’immeubles existants en logements abordables. Son financement généreux par unité l’a permise d’être efficace en termes de création de logements pour des personnes vivant en situation d’itinérance chronique (c.-à-d. à long terme).

4. On annonce des changements à la fois au Fonds national de co-investissement pour le logement et à l’Initiative de financement de la construction de logements locatifs (FCLL). Le budget promet de rendre le fonds de co-investissement « à la fois plus souple et plus facile d’accès, notamment grâce à des contributions plus généreuses et à des approbations plus rapides. » Le budget annonça aussi que la FCLL encouragerait dorénavant la création de nouvelles unités de logement plus écoénergétiques et avec des loyers plus abordables que par le passé.

5. Deux initiatives de « logements verts » ont également été annoncées. Dans un premier temps, on propose de verser 150 millions de dollars sur cinq ans à Ressources naturelles Canada « pour élaborer la stratégie du Canada pour des bâtiments carboneutres. » La stratégie encouragera la réforme du code du bâtiment, accélérant l’adoption et la mise en œuvre de codes nationaux du bâtiment fondés sur le rendement et à promouvoir l’utilisation de matériaux de construction à faibles émissions de carbone. Dans un deuxième temps, on a annoncé un 200 millions de dollars versés sur cinq ans à Ressources naturelles Canada pour créer l’Initiative pour accélérer les rénovations majeures, y compris pour les logements abordables destinés aux ménages à faibles revenus.

6. Le budget présenta des initiatives pour appuyer les programmes de location avec option d’achat. Il « propose de fournir un financement réservé de 200 millions de dollars dans le cadre du Fonds d’innovation pour le logement abordable. Cette somme comprendra 100 millions de dollars pour soutenir les organismes à but non lucratif, les coopératives, les promoteurs et les sociétés qui construisent de nouveaux logements à louer avec option d’achat. […] Les projets admissibles […] pourraient inclure la réparation et le renouvellement de logements à des fins de location avec option d’achat, des modèles de financement innovateurs et des programmes qui aident les participant.es aux programmes de location avec option d’achat à se préparer à l’accession à la propriété. »

7. Des engagements de financement centrés sur le logement et destinés aux personnes Autochtones ont été annoncés. Le budget « propose de verser 4 milliards de dollars supplémentaires sur sept ans, à compter de 2022-2023, à Services aux Autochtones Canada et à Relations Couronne-Autochtones et Affaires du Nord Canada afin d’accélérer les travaux visant à combler les lacunes en matière de logement dans les communautés autochtones […] » On compte parmi ces investissements : 1,4 milliard de dollars sur cinq ans pour soutenir le logement des Premières Nations dans les réserves; 565 millions de dollars sur cinq ans pour soutenir le logement dans les communautés des Premières Nations autonomes et titulaires de droits issus de traités modernes; 845 millions de dollars sur sept ans pour soutenir le logement dans les communautés inuites; et 190 millions de dollars sur sept ans pour soutenir le logement dans les communautés métisses.

8. Le budget prévoit de doubler le crédit d’impôt pour l’accessibilité domiciliaire. On vise « doubler le plafond des dépenses admissibles au crédit d’impôt pour l’accessibilité domiciliaire à 20 000 $ pour l’année d’imposition 2022 et les suivantes. Ainsi, un crédit d’impôt pouvant atteindre 3 000 $ est offert pour des rénovations ou des modifications importantes pour l’accessibilité, ce qui représente une augmentation par rapport au crédit d’impôt précédent, dont la limite était fixée à 1 500 $. » Le crédit vise à appuyer les rénovations suivantes : l’achat et l’installation de rampes d’accès pour fauteuil roulant, de baignoires avec porte et de douches accessibles aux fauteuils roulants; l’élargissement des portes et couloirs; la construction d’une chambre ou d’une salle de bain afin de permettre l’occupation du rez-de-chaussée; et l’installation de revêtement de sol antidérapant.

9. Le financement fédéral destiné à combattre l’itinérance a environ doublé depuis que Justin Trudeau est devenu premier ministre. Le budget prévoit octroyer 562,2 millions de dollars sur deux ans, dès 2024-2025, à Vers un chez-soi (le véhicule principal du gouvernement fédéral pour le financement contre l’itinérance). Lorsque Trudeau accéda au pouvoir en 2015, le financement annuel pour cette initiative n’était que de 119 millions de dollars. Son financement de base pour 2022-2023 (excluant le financement relié à la COVID-19) est de 241 millions de dollars. Ceci veut dire qu’en valeur nominale, le financement fédéral visant l’itinérance a plus que doublé depuis que Trudeau est entré en poste – et ça ne compte pas le financement considérable relié à la COVID-19.

10. Plusieurs autres mesures méritent d’être signalées. Par exemple : on a réannoncé un 4 milliards de dollars pour le Fonds pour accélérer les logements (sujet dont Steve Pomeroy a déjà traité ici); 500 millions de dollars seront réattribués du Fonds national de co-investissement pour le logement « afin de lancer un nouveau programme de développement de coopératives d’habitation visant à augmenter le nombre de coopératives d’habitation au Canada; » on a réaffecté un milliard de dollars de prêts de l’initiative FCLL afin d’appuyer les projets de coopératives d’habitation; du nouveau financement annuel de 150 millions de dollars sur deux ans appuiera « le logement abordable et l’infrastructure connexe dans le Nord; » il y aura des paiements uniques de 500,00 $ versés aux locateur.trices à faible revenu, totalisant une valeur de 475 millions de dollars en 2022-2023 (détails à venir); la valeur du crédit d’impôt pour l’achat d’une première habitation doublera, passant de 750 $ à 1 500 $; du financement a été annoncé pour un nouveau programme de lutte à l’itinérance chez les vétéran.es (62,2 millions de dollars sur trois ans à partir de 2024-2025) « qui offrira des services et des suppléments au loyer aux vétérans qui vivent dans l’itinérance […] ;» et on a annoncé du financement pour de la recherche en matière d’itinérance chronique (18,1 millions de dollars sur trois ans).

En somme. Deux facteurs ont potentiellement poussé le gouvernement canadien à inclure autant de mesures reliées au logement dans le budget de cette année – soit le marché immobilier chaud – et l’entente de collaboration entre les parti Libéral et NPD. Néanmoins, ce budget contient plusieurs initiatives qui vont améliorer l’abordabilité du logement pour certains ménages.

Je souhaite remercier George Fallis, Steve Pomeroy, Shayne Ramsay, Sylvia Regnier, Tim Richter, Vincent St-Martin, Alex Tétreault et un.e réviseur.e anonyme pour leur appui avec ce billet.

What causes homelessness?

What causes homelessness?

What causes homelessness?

La version française de ce billet se trouve ici.

I’m writing an open access e-book on homelessness and have just released Chapter 1 titled “What causes homelessness?” The PDF version of the full chapter is available here.

Here are 10 things to know.

1. Structural causes of homelessness determine whether a community has a little homelessness or a lot of homelessness. The more we understand these, the more we can work collectively to reduce homelessness.

2. The major structural cause of homelessness is a lack of alignment between the availability of low-cost housing and incomes. This is complicated by disagreement over three things: 1) what factors are most to blame for the misalignment; 2) what precise policy levers should be used to rectify it; and 3) how such policy changes should be financed.

3. Even in a community with a great deal of affordable housing, some homelessness is still inevitable. That’s because some individuals are unable to maintain housing for any length of time, even when they’re provided with affordable housing with well-funded professional staff support.[1]

4. Other structural causes include systemic racism, colonialism, homophobia, and transphobia. These important factors will be discussed in more detail in future chapters of this e-book.   Similarly, factors unique to homelessness amongst women, youth and other groups merit their own distinct discussions.

5. Individual-level risk factors make some individuals more vulnerable to homelessness than others. If officials understand these, they can: a) target prevention programs specifically at such individuals; and b) design programs uniquely tailored to assist them after they become homeless.

6. One recent study summarizes major research findings on individual-risk factors in high-income countries. The study, available here, finds the following characteristics to be especially prevalent among persons experiencing homelessness: a history in foster care; having previously attempted suicide; a history of running away; and a history of criminal behaviour.

7. Discussion about individual-level risk factors can be challenging. That’s because there can be intense disagreement over how many limited resources to target to each higher-risk group (or even whether to target at all) and which order of government should finance the needed interventions.

8. Persons with such risk factors should not be blamed for having them. Children do not choose to be in foster care; rather, they are there for reasons beyond their own control. And in many cases, a lack of housing affordability itself is a reason for some of these risk factors. Similarly, poverty may influence mental health, which could in turn bring on a suicide attempt.

9. Systems failures refer to poorly-designed or poorly-implemented publicly-funded systems that exacerbate homelessness. Examples include correctional facilities discharging persons into homelessness with insufficient pre-planning, and child welfare systems that allow youth to ‘age out’ too early or with inadequate supports.

10. Some causal factors are hard to quantify. For example, it’s not easy for researchers to measure ‘systems failures’ in a statistical model. The same can be said for systemic racism, colonialism, homophobia, and transphobia.

In sum. This is a summary of Chapter 1 of a sole-authored, open access interdisciplinary textbook intended to provide an introduction to homelessness for students, service providers, researchers and advocates. All material for this book is available free of charge here. Newly-completed chapters will be uploaded throughout the year.

I wish to thank Sylvia Regnier, Vincent St-Martin and Alex Tétreault for assistance with this blog post.

[1] This was one of the findings of the At Home/Chez Soi Study, the largest randomized controlled study in Canadian history.

What causes homelessness?

Qu’est-ce qui cause l’itinérance ?

Qu’est-ce qui cause l’itinérance ?

An English-language version of this blog post is available here.

J’écris un livre numérique à libre accès portant sur l’itinérance et je viens de lancer le premier chapitre, intitulé « Qu’est-ce qui cause l’itinérance ? » La version PDF du chapitre intégral est disponible ici (en anglais seulement).

En voici 10 faits saillants.

1. Les causes structurelles de l’itinérance déterminent si une communauté a peu ou beaucoup d’itinérance. Le mieux que nous comprenons ces causes, le plus que nous pouvons travailler collectivement afin de réduire l’itinérance.

2. La majeure cause structurelle de l’itinérance est un manque d’alignement entre la disponibilité de logements abordables et le revenu. Ce fait est compliqué par des désaccords sur trois choses : 1) quels facteurs sont davantage responsables pour ce manque d’alignement; 2) sur quels leviers politiques devrait-on appuyer pour le rectifier; et 3) comment devrait-on financer ces changements de politiques.

3. Même dans une communauté ayant amplement de logements abordables, un certain taux d’itinérance est inévitable. C’est parce que certaines personnes sont incapables de maintenir un logement pour une période, même si on leur fournit un logement abordable avec du personnel de soutien.[1]

4. D’autres causes structurelles sont le racisme systémique, le colonialisme, l’homophobie et la transphobie. Ces facteurs importants seront abordés plus en détail dans d’autres chapitres de ce livre. En ce même sens, les facteurs uniques à l’itinérance parmi les femmes, les jeunes et d’autres groupes méritent leurs propres discussions.

5. Des facteurs de risque individuels font en sorte que certaines personnes sont plus susceptibles à l’itinérance que d’autres. Si les responsables réussissent à les comprendre, iels peuvent : a) cibler les personnes concernées avec des programmes de prévention spécifiques; et b) mettre sur pied des programmes qui sont façonnés spécifiquement pour les appuyer lorsqu’elles se retrouvent en situation d’itinérance.

6. Une étude récente résume des résultats de recherche majeurs sur les facteurs de risque individuels dans des pays à revenu élevé. L’étude, disponible ici (en anglais seulement), démontre que les caractéristiques suivantes sont plus présentes chez les personnes ayant vécu l’itinérance : un historique de placements en famille d’accueil; un historique de tentatives de suicide; un historique de fugues; et un historique de comportements criminels.

7. La discussion entourant les facteurs de risque individuels peut être difficile. C’est parce qu’il peut y avoir des désaccords intenses entourant l’utilisation des ressources limitées afin de cibler chaque groupe à risque élevé (ou même de les cibler du tout) et quel pallier du gouvernement devrait financer les interventions nécessaires.

8. On ne devrait pas mettre en cause les personnes ayant ces facteurs de risque parce qu’elles vivent avec ceux-ci. Les enfants ne choisissent pas d’aller en famille d’accueil; ils s’y retrouvent plutôt par des moyens hors de leur contrôle. Et dans plusieurs cas, une pénurie de logements abordables est elle-même un facteur duquel découlent les autres facteurs de risque. De même, la pauvreté peut avoir une incidence sur la santé mentale, qui pourrait ensuite entraîner une tentative de suicide.

9. Les défaillances des systèmes font référence aux systèmes financés publiquement mal conçus ou mal appliqués qui exacerbent l’itinérance. Quelques exemples sont les établissements correctionnels qui déchargent sans planification suffisante les personnes dans des situations d’itinérance et les systèmes de protection des enfants qui permettent aux jeunes d’atteindre leur majorité trop tôt ou avec des supports inadéquats.

10. Quelques facteurs sont difficiles à quantifier. Par exemple, ce n’est pas facile pour un.e chercheur.se de mesurer une défaillance de système dans un modèle statistique. On peut dire de même pour le racisme systémique, le colonialisme, l’homophobie et la transphobie.

En somme. Ceci est un sommaire du premier chapitre d’un manuel à auteur unique, interdisciplinaire et à libre accès ayant comme but d’offrir une introduction à l’itinérance pour des étudiant.e.s, des fournisseurs.euses de services, des chercheurs.ses et des intervenant.e.s. Toute la matière du manuel est disponible gratuitement ici. Les chapitres seront téléversés au courant de l’année à mesure que je les complète.

Je souhaite remercier Sylvia Regnier, Vincent St-Martin et Alex Tétreault pour leur appui avec ce billet.

[1] C’est une des conclusions de l’étude At Home/Chez Soi Study, la plus grande étude prospective randomisée et contrôlée de l’histoire canadienne.